Essai ULM Ptitavion

La boîte à malice

Les petits constructeurs aéronautiques travaillent généralement dans l’ombre d’un marché occupé par les enseignes communicantes. Ils opposent passion à chiffre d’affaires, originalité à rentabilité. Ce sont pourtant ces artisans silencieux qui ont forgé le creuset de l’aviation moderne. Léopold Didier est l’un d’entre eux ; il a conçu et construit le Pti’tavion, un trésor d’ingéniosité dont le défaut majeur est d’être méconnu. L’heure est venue de mettre en lumière un pur produit du génie français.

Simple et Robuste

Ancien pilote d’hélicoptère, Léopold Didier conçoit et réalise le Pti’tavion depuis 1998. Fort d’une expérience éclectique en terme de systèmes mécaniques adaptés à l’aéronautique et ses dérivés (traduisez spécialiste tout-terrain du système D), Léopold a orienté sa création vers la simplicité, la robustesse, avec autant d’aspects pratiques qu’un ULM peut en contenir sans passer pour une attraction de foire. En premier lieu, la  »pliabilité » a été au centre de son concept. Réaliser un appareil de ce type, qui ne craigne pas le transport, se plie en quelques minutes et conserve des qualités de vol décentes, n’est pas chose facile. Sur ce point, le défi a été relevé haut la main, pouvant servir d’exemple à nombre de constructeurs renommés. Au plan industriel, ne vous attendez pas à découvrir une usine flambant neuve avec matériel de pointe ; oubliez les ISO, les ASA, les zozos et les zizis. Tout au contraire, Léopold travaille à l’ancienne, misant sur des choix mécaniques simples, voire sur la récupération pour tout ce qui ne concerne pas directement la sécurité. Du fond de la Champagne-Ardenne, l’artisan fier de son Certificat d’Etudes use de méthodes d’un autre temps dans le cadre d’une micro entreprise qui produit quatre ULM par an et en compte une vingtaine en état de vol actuellement. Son moteur : le bon sens. Sa muse : la simplicité. Son but : faire voler ses clients à pas cher. Sa hantise : la sophistication.

L’essentiel et l’originalité

Alors évidemment, le Pti’tavion ne joue pas dans la classe élitiste. Oublions les courbes harmonieuses d’avions modernes, ou les matériaux hi-tech des super rapides. Cet ULM va à l’essentiel, avec un design qui découle de critères pratiques, liés entre-autres à l’économie. Il n’est toutefois pas dépourvu de singularités que des haut-de-gamme ne recèlent pas toujours, et fait la part belle aux innovations malines qui font cruellement défaut dans l’aviation légère. Ainsi Le pare-brise très haut, long et incliné est-il propre au Pti’tavion sans qu’il soit possible d’en retrouver écho dans la production générale. Les ailes très basses participent à la réduction du maître-couple, et donc avantagent le Cx. Encore un non-conformisme engagé à tendance militante. Les portes coulissantes, sur des glissières d’ameublement sont une originalité qui trouve sa raison d’être dans la  »pliabilité » : on conserve l’accès à bord quand les ailes sont pliées. La dérive de forme surannée… un choix lié à a fabrication (simple cintrage d’un tube). Les câbles apparents en cabine : respect de la réglementation ULM (…toutes les parties accessibles et visibles…), gain de poids et sécurité. En fait, contrairement à des aéronefs de luxe qui misent tout sur le design et les performances en oubliant l’essentiel -que des humains les utilisent-, le Pti’tavion est particulièrement pensé. Et bien pensé. Il est focalisé sur le pilote, ses besoins, ses limites, ses faiblesses et ses attentes.  »M’font bien marrer tous ces ingénieurs réels ou autoproclamés qui inventent des trucs sans réfléchir. F’raient mieux de prendre un peu le manche pour voir de quoi on a besoin en l’air ! ». Si la retranscription du vocable est approximative, l’idée reste fidèle.

Lors de l’essai de l’ULM Ptitavion : Pas sexy, mais robuste

Si vous désirez un aéroplane sexy, le Pti’tavion n’est pas pour vous. Encore que son fuselage long et sa faible hauteur donne une certaine impression de sportivité. Impression vite balayée par des excroissances incompatibles avec cette philosophie ; triangulation (certes profilée) des trains, aspérités techniques sous les ailes, commandes d’ailerons, renforts d’empennage, haubans (profilés eux aussi)… Le Pti’tavion est l’un des seuls ULM à ailes hautes dont on voit l’intégralité de l’extrados, comme si un piano était tombé d’un cartoon au moment de sa genèse. Belle aubaine, penserez-vous, pour emplir les réservoirs… Raté ! Ceux-ci sont situés derrière les sièges. Deux fois 30 litres disponibles par robinet sélecteur accessible en vol. Connaissant les statistiques qui fâchent, j’aurais préféré un simple robinet d’arrêt (à n’utiliser qu’en cas de maintenance). Question structure, Léopold n’a pas recherché des solutions inutilement innovantes. La cellule est entièrement faite de tubes d’acier (XC48 – 25 CD4S – TU38B) soudés à l’autogène. Les ailes quant à elles, sont constituées d’un longeron en treillis d’acier, de bords d’attaque en composite, de saumons, de nervures et d’ailerons en aluminium. L’empennage est entièrement en acier. l’ensemble est entoilé en tissu Dacron 1500EV3 de chez Diatex. La gouverne de profondeur est commandée, pour sa partie avant, par des câbles qui agissent sur un guignol répartissant l’effort sur deux biellettes, une par plan. La gouverne de lacet est traditionnellement entraînée par des câbles alors que les ailerons différentiels sont actionnés par une chaîne cinématique entièrement rigide (et démontable pour le pliage des ailes). En option, ces derniers peuvent être transformés en élévons à commande électrique. La construction donne la préférence à la robustesse et donc accuse un poids 280 kilos à sec, sans parachute (mais avec une radio ø 57 mm).

Motorisation

Côté motorisation, Léopold ne propose que le Rotax 912 UL. Ce dernier est associé à une hélice Ivoprop réglable au sol. Un choix déterminé par le coût. Le train principal triangulé est suspendu par une paire d’amortisseurs Fournalès. La fourche à balancier à bras poussés reçoit également deux amortisseurs. Le levier de frein de type moto qui équipe le manche, actionne un maître cylindre hydraulique unique (placé entre les réservoirs) par l’intermédiaire d’un câble réglable. Le cockpit est éclairé par le vaste pare-brise remontant, les portes intégralement translucides, une baie de toit, et des lucarnes arrière permettant de surveiller les circuits d’aérodrome. Les garde-boue sont de série, sauf dans le cas d’un montage avec roues brousse (lesquelles sont ici montées pour faciliter le travail en école). Le capot adopte une forme étrangement ronde qui optimise la surveillance mécanique sans avoir à démonter la partie basse. Une trappe permet de contrôler l’huile sans aucun démontage.

Voir l’intégralité de l’essai en vol ULM Ptitavion avec ULMAG

Vidéo de l’essai de l’ULM Ptitavion

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